Aux ateliers, création, émulation, partage : des valeurs mais aussi des actes !

A la compagnie, on aime bien les histoires de collectif, d’entraide et de partage. On le répète sur tous les tons, on le martèle, on le déclame, on en réclame et ça porte ses fruits ! Pour les spectacles des ateliers, deux participants du groupe ados, William Dellay et Estelle Duret, ont apporté une aide précieuse aux groupes des pré-ados, embarqués dans une création collective. Récit.

En point de départ, un classique de Molière, « Les Fourberies de Scapin » que Marine propose au groupe pré-ados. Lecture, échanges, débats : monter ce grand et joyeux classique ? En faire une adaptation avec les mots d’aujourd’hui ? En 2015, le groupe des ados avait revisité « Roméo et Juliette » de Shakespeare avec beaucoup de fantaisie et d’humour. La tentation d’égaler leurs aînés est forte pour le groupe qui s’engage avec l’aide de Marine dans un processus de création collective sur base d’improvisations. Le canevas est rapidement trouvé : deux bandes rivales, Les fans ultimes de Molière et Les Cagoules s’affrontent dans un concours autour des Fourberies de Scapin. En filigrane, nos pré-ados veulent tordre le cou aux préjugés. Générosité.

William, membre du groupe ados actuellement en option théâtre au lycée, au cours d’une discussion avec Marine s’intéresse au projet et lui propose d’écrire un rap pour le groupe des Cagoules. Estelle lui emboîte le pas et joint à la plume rageuse de William son talent de musicienne. Elle compose la musique sur laquelle Élisa et Anaïs du groupe pré-ados, jouant deux membres de la bande des Cagoules devront trouver le flow adapté.

Création, émulation, coopération, partage sont les plus beaux cadeaux que nous font semaine après semaine les participants de chaque groupe. Dans un climat de bienveillance, de fous rires mais également d’exigence, ils donnent ce meilleur d’eux-mêmes que Marine et moi-même souhaitons partager avec vous dès aujourd’hui en vous livrant le texte de William.

 

 

 

« J’ai toujours été plus fourbe que Scapin

Les bourgeois gentilshommes ne m’ont jamais côtoyé

Pour percer j’ai du taffer, proser, persévérer;

 

Ma plume voudrait être aussi affutée que celle de Molière

J’y travaillerai sans relâche jusqu’à saigner à la tâche.

 

Mon nom deviendra légendaire comme celui du malade imaginaire.

Je n’ai jamais eu de mécène comme Louis protégeant Molière.

J’ai du me battre seul en étant fier,

On m’a laissé, rejeté mais comme Jean-Baptiste j’y suis arrivé.

 

En ayant la rage; la douleur, la foi j’en ai bavé.

Molière est en moi, être comédien est ce qui m’est arrivé de plus beau.

Je me suis vengé des avares, de ceux qui n’ont pas cru en moi et m’ont trahi.

 

Sur scène je ne veux pas y mourir, je veux qu’on m’y admire. »

William Dellay

 

Pour écouter la musique d’Estelle ou les voix d’Élisa et Anaïs, une seule solution : assister aux représentations !

Catherine Thibout-Leroux

Pour accéder au programme des représentations, cliquer ici